Les méthodes d'amélioration des prairies

Plusieurs méthodes existent et peuvent être mises en œuvre, soit indépendamment, soit les unes à la suite des autres, en fonction de l'état de dégradation de la prairie et du statut des parcelles permettant de bénéficier des primes à l'herbe :

Ces améliorations peuvent nécessiter un assainissement préalable de la parcelle pour être parfaitement efficaces. Nous abordons ici rapide­ment ces différentes techniques que de nombreux documents régionaux ou nationaux ont déjà traité dans le détail.

Amélioration par la conduite de la prairie

Le mode d’exploitation de la prairie a une importance primordiale pour son amélioration ou pour le maintien de sa qualité. Il est plus facile d’éviter une dégradation grâce à une bonne conduite de la prairie plutôt que de la récupérer par la suite.

Certaines pratiques ont des influences sur l’évolution de la végétation.

4 à 5 jours de pâturage maximum

Lorsque le troupeau pénètre dans la prairie, les animaux consomment d'abord les plantes qu'ils préfèrent, en principe les meilleures. Si la période de pâturage est trop longue, ces plantes sont surconsommées et n'ont pas le temps de reconstituer leurs réserves.
Elles souffrent et souvent meurent, laissant la place à des plantes de moins bonne qualité qui elles ont été moins ou pas du tout consommées. Il s'ensuit donc une dégradation de la qualité de la prairie.
Pour empêcher ce phénomène il faut éviter de laisser les animaux plus de quatre à cinq jours sur les parcelles.

La coupe des refus permet de limiter le ressemis des plantes délaissées par le troupeau ; il s'agit souvent de plantes souillées mais aussi de plantes de mauvaise qualité fourragère.

Raisonner l'alternance des différentes exploitations

L'alternance fauche-pâture est toujours bénéfique pour la qualité de la prairie.
L'intervalle entre les pâtures, réglé en fonction de la pousse de l'herbe et des besoins des animaux a aussi une importance dans le devenir des prairies. Lorsque l'intervalle entre deux exploitations est trop court, les plantes héliophiles sont avantagées (trèfle blanc, agrostis, fétuque rouge, etc...). L'ébousage des prairies peu fertilisées limitera les zones de refus et répartira les bouses.

D'autre part, en prairies intensifiées surtout, il ne faut pas trop réduire l'intervalle entre les pâtures car la teneur en M.S. de l'herbe est alors trop basse et l'animal a du mal à se nourrir suffisamment. Enfin, les repousses trop jeunes sont souvent riches en nitrate dans les prairies intensives. Un pâturage au stade 10-15 cm herbomêtre à l'entrée des animaux est compatible avec une bonne valorisation de l'herbe et une maîtrise de la hauteur résiduelle à 5-6 cm.

Un intervalle de trois à quatre semaines au printemps paraît être le minimum, cet intervalle pouvant être de six à sept semaines durant l'été.

Un intervalle de quatre à cinq semaines au printemps paraît être le minimum, cet intervalle pouvant être de six à sept semaines durant l'été.

Favoriser le trèfle blanc

En prairie permanente, le trèfle blanc ne peut se développer que lorsque la prairie est pâturée un rythme proche de 4 semaines. En été un rythme plus long favorisera le trèfle blanc.

Penser aux exploitations précoces

L'importance d'une coupe précoce, foin ou ensilage, est primordiale. Après une coupe de ce genre, la repousse est rapide et la production d'été favorisée ; par contre, une fauche tardive compromet les pâtures ultérieures.

La bonne conduite de la prairie, c'est aussi trouver l'équilibre entre la production d'herbe et son utilisation par les animaux ; il faut donc adapter notamment la fumure azotée aux dates possibles de mise à l'herbe.

Par exemple, en sol froid et humide, le départ naturel de la végétation est tardif. Un épandage d'azote accélère la production mais ce fourrage est difficilement utilisable pour des problèmes de portance.

Dans d'autres cas, certaines parcelles non fertilisées au printemps permettent des reports de production au début de l'été.

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