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32 nouvelles variétés sur Herbe-Book

03/02/2014

Les caractéristiques des 32 variétés fourragères prairiales inscrites en 2013 sont maintenant disponibles sur le site www.herbe-book.org
En 2013, après 3 années de tests, 32 variétés de dactyles, fétuques élevées, fétuques des prés, ray-grass anglais, ray-grass hybrides, ray-grass d’Italie et luzernes ont été inscrites au catalogue français des variétés fourragères.

Vous retrouverez sur le site www.herbe-book.org les caractéristiques de ces variétés (précocité d’épiaison, ploïdie, rendements des différentes coupes, résistances aux maladies...) et leurs cotations calculées par le GEVES* suite à l’expérimentation d’inscription. Vous pourrez également comparer entre elles les variétés des principales espèces inscrites depuis l’année 2000.

Ce site internet devenu en 3 ans la référence en matière d’information sur les fourragères est le résultat d’un travail collectif assuré par l'AFPF, Arvalis-institut du végétal, le GEVES et le GNIS.
 
* Groupe d'Etude et de contrôle des Variétés Et des Semences.


Les lauréats 2013 du « Concours Prairies » du GNIS en voyage

16/10/2013

Les lauréats de chacune des quatre régions du célèbre Concours Prairies du Gnis se sont retrouvés les 10 et 11 octobre près de Poitiers après avoir remporté le 1° prix régional en juin 2013. Destiné aux étudiants de BTS agricole, ce concours, reconnu par la Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche, a mis en compétition 756 étudiants au niveau national. Les élèves, associés par binômes, proposent l’amélioration d’un système fourrager d’une exploitation d’élevage par l’introduction d’une nouvelle prairie ou la rénovation d’une prairie existante.

Les 8 étudiants lauréats de cette 28° édition accompagnés de leurs enseignants sont venus de la Nièvre, de la Sarthe, de Haute Savoie et des Pyrénées Atlantiques pour se donner rendez-vous lors d’une première journée conviviale au parc du Futuroscope. La deuxième journée s’est déroulée le matin à l’INRA de Lusignan pour découvrir une partie des programmes de recherche réalisés sur les fourragères. L’après-midi, c’est la station de recherche du GIE GRASS qui a accueilli les étudiants pour leur expliquer les fondements et l’intérêt de la sélection fourragère. Au programme de cette journée : interventions en salle, visite d’essais, découverte des pépinières, de ses milliers de plantes fourragères, du matériel spécifique à l’activité de création variétale et échanges avec les chercheurs.

Ces deux journées sont une belle occasion de faire découvrir à ces étudiants mais aussi à leurs enseignants, que la recherche est indispensable pour répondre aux attentes des éleveurs. C’est un travail de longue haleine qui prend en compte les besoins futurs pour développer une agriculture performante qui saura s’adapter aux évolutions actuelles.

Les lauréats de l’édition 2012-2013 :

Région Nord et Est : Anastasia RAGOUGNEAU et Arnold BARANTON du LEGTA de Nevers Challuy (58)
Région Ouest : Marie Charlotte DELAROCHE et Camille LORIN du LEGTA de la Germinière (72)
Région Centre et Sud Est : Romain BOUVIER et Florian MILLET du Lycée agricole de Poisy (74)
Région Sud Ouest : Romaric BEDOURA et Jean-Rémi BROCA du LEGTA de Pau (64)

Pour tous renseignements sur le concours prairies, consulter le site gnis-pedagogie.org rubrique « Actions pédagogiques ».


Le ray-grass d’Italie : Pour reconstituer ses stocks fourragers dès la sortie de l’été !

17/06/2011

Les ray-grass d'Italie sont des graminées principalement adaptées à la fenaison. D'implantation plus rapide que les ray-grass anglais, ils peuvent permettre à l'éleveur de reconstituer ses stocks fourragers très rapidement après les sécheresses de l'été.
La sécheresse de l'été pénalise souvent la constitution des stocks fourragers en prévision de l'hiver. Parmi les cultures d'appoint à envisager dès la fin de l'été, l'éleveur peut choisir d'implanter un ray-grass d'Italie. Si l'éleveur ne dispose plus de stocks suffisants, il peut en effet se tourner vers cette graminée fourragère qui, non seulement lui permettra de disposer d'un fourrage avant l'hiver (pâturage ou ensilage), mais lui permettra également de débuter des pâturages très tôt au démarrage de la nouvelle saison, limitant de fait l'utilisation de ses stocks. Sous des climats océaniques, il n'est d'ailleurs pas rare de voir pousser le ray-grass d'Italie durant une partie de l'hiver.
Avec la fétuque élevée et certains bromes, le ray-grass d'Italie figure parmi les graminées qui démarrent le plus tôt en sortie d'hiver. Une précocité qui permet de sortir les animaux un mois plus tôt que sur les prairies permanentes, à condition bien entendu que le terrain s'y prête !

Des variétés alternatives et non alternatives

Il existe deux types de ray-grass d'Italie : les variétés alternatives et les variétés non alternatives. Les premières, dont la vie est plus courte (6 à 18 mois), n'ont pas besoin d'hiver pour épier. Ces variétés se prêtent particulièrement bien à une exploitation en fauche ou en ensilage l'année du semis. Il existe également un sous-type constitué de RGI de très courte durée de vie que l'on utilise quasi-exclusivement en dérobés (6 mois).
Les variétés non alternatives dont la pérennité est plus longue (18 à 24 mois) ont, quant à elles, besoin d'un hiver pour épier. Installées au printemps, elles fournissent essentiellement des feuilles jusqu'à l'entrée de l'hiver.

Des variétés diploïdes et tétraploïdes

Les sélectionneurs ont également travaillé sur la polyploïdie de ces graminées en créant des variétés tétraploïdes (présence de quatre génomes de base dans le noyau cellulaire) à partir des variétés diploïdes.
Les variétés diploïdes à feuilles et à tiges plus fines, tallent bien et conviennent aussi bien au pâturage qu'à la fauche. Par contre, les variétés tétraploïdes de ray-grass italien sont plus développées au niveau des feuilles et plus riches en eau. Mieux pâturées par le troupeau, elles sont par contre plus difficiles à ensiler ou à valoriser en foin.
Plusieurs critères permettent de choisir les variétés les mieux appropriées à chaque utilisation et à chaque région (voir tableau 1 ci-dessous) ; les ray-grass d'Italie offrent une large gamme de variétés. Cette richesse variétale permet à chacun de choisir la ou les variétés qui conviennent parfaitement à ses conditions d'exploitation.
Les sélectionneurs travaillent sur la résistance aux maladies et à l'amélioration du rendement. C'est la raison pour laquelle il existe de fortes disparités entre variétés, notamment entre variétés anciennes et variétés nouvelles. Les variétés récemment inscrites au catalogue français permettent actuellement d'obtenir plus de fourrage par une amélioration du rendement et une meilleure qualité (voir tableau 2). Ces variétés sont en effet beaucoup plus tolérantes aux maladies et permettent donc d'offrir aux animaux des plantes saines qui seront donc mieux consommées.

Tableau 1
 
Implanter vos variétés en fonction de vos utilisations !

Epoque de semis

Utilisation projetée

Type de RGI

Commentaire

Fin d’été

P automne + P printemps

RGI non Al. Tétra.

Feuilles jusqu’à l’hiver et montaison au printemps

P automne + F printemps

RGI non Al. Di.

Ens. Automne +

F ou Ens printemps

RGI Al. Di.

Montaison avant l’hiver et au printemps

Ens. Automne + P printemps

RGI Al. Tétra

Printemps

P

RGI non Al. Di

RGI non Al. Tétra

Feuilles toutes l’année

F ou Ens

RGI Al. Di.

Montaison rapide

P + F ou Ens

RGI Al. Di.

RGI Al. Tétra.

Possibilité d’alterner le mode d’exploitation

 

Légende : P = pâturage                            Al. = alternatif             
               
Tétra = tétraploïde                    Di = diploïde

                F = Fauche                              Ens. = ensilage              

 pour les variétés diploïdes, prévoir une densité de semis de 15 à 20kg/ha et de 20 à 25 kg/ha pour les tétraploïdes.

Tableau 2

Rendements moyens des Ray-grass d'Italie non alternatifs diploïdes aux essais nationaux d'inscriptions

Ces données ont été recueillies dans les différents sites nationaux consacrés à l'inscription des nouvelles variétés. En moyenne des quatre dernières années, on remarque que le RGI a un potentiel, de production d'au moins 15 tonnes de matières sèches par hectare



Tableau 2 Rendements RGI CTPS.xls



www.herbe-book.org le site de référence pour connaître les variétés fourragères

25/05/2011



HERBE-BOOK, véritable base de données, met à la disposition de tous, les caractéristiques et valeurs des variétés fourragères (1), publiées désormais chaque année par le GEVES*. Avec, une consultation facile, rapide et des possibilités de comparaison des variétés que seul le multimédia peut offrir, cet outil est « la référence » en matière de variétés fourragères.

Ce véritable travail collectif est issu d’une réflexion initiée conjointement par les utilisateurs et les obtenteurs de variétés dans le cadre du CTPS*. Désormais, avec Herbe-book, chacun pourra choisir ses variétés fourragères et s’assurer qu’elles répondent à ses objectifs et contraintes de production de ses prairies. Les éleveurs bénéficieront pleinement et en connaissance de cause des améliorations apportées par les nouvelles variétés

Herbe-book accompagnera également les techniciens dans leur mission de conseil, mais aussi les enseignants et les étudiants pour une meilleure connaissance des espèces et variétés fourragères. Diverses fonctionnalités du site ont d’ailleurs été incluses à des fins pédagogiques, comme par exemple l’explication détaillée des critères de notation utilisés par le GEVES. (1) Herbe-book présente les résultats obtenus pour chacune des variétés inscrites depuis l’année 2000 et pour chaque variété témoin en vigueur. Il s’enrichira chaque année des nouvelles inscriptions au catalogue français des variétés. *GEVES : Groupe d’Etude et de contrôle des Variétés et des Semences. ** CTPS : Comité Technique Permanent de la Sélection.

www.herbe-book.org

Les stades de développement des graminées fourragères : bien les reconnaître pour optimiser l’exploitation de ses prairies !

26/03/2009

Les unités fourragères, tout comme la matière azotée produite par une prairie, augmentent de la sortie hiver jusqu'au début épiaison, et décroissent fortement par la suite. C'est pourquoi l'observation de la pousse de l'herbe et la détermination des stades physiologiques des graminées fourragères figurent parmi les éléments à prendre en compte si l'éleveur veut tirer le meilleur partie de ses prairies.

En sortie d'hiver, la prairie ne se réveille de sa dormance hivernale qu'à la condition d'avoir reçu une somme de températures cumulées équivalente à 200-250°C (suivant les espèces). Ce niveau atteint, elle amorcera son cycle annuel de végétation : renouvellement périodique des feuilles dans un premier temps, puis tallage provoqué par la lumière reçue au pied de la plante jusqu'aux stades de l'épiaison et de la floraison.
La valeur alimentaire de l'herbe évoluera pendant la montée des épis dans les gaines des graminées. Que ce soit sur les plans énergétique et protéique ou en matière d'encombrement !

 

Cinq stades à connaître

 

Cinq stades de développement des graminées fourragères servent de références à l'estimation de leur valeur alimentaire, des dates et modes de récolte possibles. Il s'agit successivement des stades « départ en végétation », « épi à 10 cm », « début d'épiaison », « épiaison ». Au stade « floraison » le fourrage ayant perdu une grande partie de sa valeur fourragère, il convient de ne jamais atteindre ce stade pour une exploitation par les animaux (voir encart 1).
Il faut prendre en compte ces différents stades pour optimiser la qualité de son herbe en fonction de ses différentes utilisations (fauche, ensilage, pâturage...)
C'est au « départ en végétation » que la valeur de l'herbe utilisable est maximale, car elle est constituée en très grande partie de feuilles jeunes et la prairie produit suffisamment pour être pâturée. Pour une variété identique de graminée présente et dans une même région, ce premier stade peut cependant varier d'une année sur l'autre en fonction de la climatologie en sortie d'hiver.
Après le stade « épi à 10 cm », une exploitation de la prairie supprimera un grand nombre d'épis, ce qui changera le comportement de la prairie et décalera, limitera ou supprimera les formations d'épis par la suite. A ce stade l'épi de la plante n'est toujours pas visible. Pour l'observer, il faut fendre la gaine dans sa longueur à l'aide d'un cutter et mesurer l'intervalle existant entre le plateau de tallage et la base de l'épi.
Le stade « début épiaison » varie en fonction de la précocité de l'espèce, le photopériodisme (longueur du jour). Les températures peuvent légèrement influer sur l'accomplissement du stade.
La date de réalisation du stade « début épiaison » est donc stable d'une année sur l'autre dans la mesure où pour une variété donnée c'est essentiellement la longueur des jours qui initie ce stade. Cette particularité permet facilement d'anticiper les dates de chantier de fanage (voir encart 2 -tableau-). Ce stade, est un stade clé particulièrement important à connaître.

Le stade d'épiaison est un stade butoir pour l'exploitation. Au-delà de ce stade la qualité de l'herbe décroît très rapidement.

 

Stade de développement et exploitation des prairies

 

Pour exploiter au mieux l'herbe de sa prairie, l'éleveur a tout intérêt à la faire pâturer avant le stade « début épiaison ». Dès que ce stade est dépassé mieux vaut envisager une fauche.
Pour la conservation par voie humide (ensilage ou enrubannage), il est nécessaire que la plante soit encore suffisamment riche en sucres pour permettre une bonne conservation. L'optimum se situant au stade « début épiaison ».
Pour une exploitation en foin, l'éleveur trouvera son optimum (qualité et rendement) après le stade début épiaison et avant le stade « épiaison », au-delà la qualité du fourrage se dégrade très rapidement. Attention aux fauches tardives, si le stade début floraison est atteint, la repousse de l'herbe sera plus lente à assurer.
Les sélectionneurs de plantes fourragères ont depuis longtemps travaillé sur de nombreux critères comme celui de la souplesse d'exploitation exprimée en un nombre de jours séparant le stade départ en végétation du stade début épiaison. Plus la variété a une grande souplesse d'exploitation, plus il y a de temps disponible pour organiser le calendrier de pâturage et conserver le fourrage avant l'apparition des premiers épis. C'est pourquoi, au moment de choisir son espèce et sa variété, il faut prendre en compte les critères de démarrage ainsi que la date d'épiaison puis observer attentivement les réalisations des stades avant de décider de faucher ou de faire pâturer sa prairie.

 

Les stades repères de développement des graminées

- Le départ en végétation
o La végétation de la prairie atteint 20 cm de hauteur, feuilles relevées.
o Il faut faire la moyenne de dix mesures de hauteur d'herbe, feuilles relevées, à plusieurs jours d'intervalle. Le stade est atteint quand la moyenne des mesures est égale à 20 cm.

- L'Epi à 10 cm
o La moitié des épis est située à une hauteur de 10 cm au-dessus du plateau de tallage.
o Sur des touffes d'herbe prises au hasard, prélever au moins 20 tiges parmi les plus développées. Fendre les gaines en deux. Mesurer la distance entre la première racine et la base de l'épi.
o Le stade épi à 10 cm est atteint lorsque dix épis dépassent une hauteur de 10 cm.

- Le début épiaison
o Les premiers épis apparaissent hors de la gaine. L'appréciation est visuelle et simple. La détermination de ce stade nécessite une observation régulière de la végétation. Le stade début épiaison est atteint lorsqu'apparaissent hors de la gaine :
o 10 épis sur un mètre linéaire ou 50 épis sur un m².

- Le stade épiaison
o La moitié des épis font leur apparition hors de la gaine.
o La détermination de ce stade nécessite une observation minutieuse et régulière de la végétation. Il est atteint lorsqu'apparaissent hors de la gaine :
o 50 épis sur un mètre linéaire ou 250 épis au m².

- Le stade floraison
o Ce stade est atteint dès que des épis ont leurs étamines sorties. Ce stade est fugace.



groupesprecocite 2009.pdf



Les stades de développement des graminées fourragères : bien les reconnaître pour optimiser l’exploitation de ses prairies !

26/03/2009

Les unités fourragères, tout comme la matière azotée produite par une prairie, augmentent de la sortie hiver jusqu'au début épiaison, et décroissent fortement par la suite. C'est pourquoi l'observation de la pousse de l'herbe et la détermination des stades physiologiques des graminées fourragères figurent parmi les éléments à prendre en compte si l'éleveur veut tirer le meilleur partie de ses prairies.

En sortie d'hiver, la prairie ne se réveille de sa dormance hivernale qu'à la condition d'avoir reçu une somme de températures cumulées équivalente à 200-250°C (suivant les espèces). Ce niveau atteint, elle amorcera son cycle annuel de végétation : renouvellement périodique des feuilles dans un premier temps, puis tallage provoqué par la lumière reçue au pied de la plante jusqu'aux stades de l'épiaison et de la floraison.
La valeur alimentaire de l'herbe évoluera pendant la montée des épis dans les gaines des graminées. Que ce soit sur les plans énergétique et protéique ou en matière d'encombrement !

 

Cinq stades à connaître

 

Cinq stades de développement des graminées fourragères servent de références à l'estimation de leur valeur alimentaire, des dates et modes de récolte possibles. Il s'agit successivement des stades « départ en végétation », « épi à 10 cm », « début d'épiaison », « épiaison ». Au stade « floraison » le fourrage ayant perdu une grande partie de sa valeur fourragère, il convient de ne jamais atteindre ce stade pour une exploitation par les animaux (voir encart 1).
Il faut prendre en compte ces différents stades pour optimiser la qualité de son herbe en fonction de ses différentes utilisations (fauche, ensilage, pâturage...)
C'est au « départ en végétation » que la valeur de l'herbe utilisable est maximale, car elle est constituée en très grande partie de feuilles jeunes et la prairie produit suffisamment pour être pâturée. Pour une variété identique de graminée présente et dans une même région, ce premier stade peut cependant varier d'une année sur l'autre en fonction de la climatologie en sortie d'hiver.
Après le stade « épi à 10 cm », une exploitation de la prairie supprimera un grand nombre d'épis, ce qui changera le comportement de la prairie et décalera, limitera ou supprimera les formations d'épis par la suite. A ce stade l'épi de la plante n'est toujours pas visible. Pour l'observer, il faut fendre la gaine dans sa longueur à l'aide d'un cutter et mesurer l'intervalle existant entre le plateau de tallage et la base de l'épi.
Le stade « début épiaison » varie en fonction de la précocité de l'espèce, le photopériodisme (longueur du jour). Les températures peuvent légèrement influer sur l'accomplissement du stade.
La date de réalisation du stade « début épiaison » est donc stable d'une année sur l'autre dans la mesure où pour une variété donnée c'est essentiellement la longueur des jours qui initie ce stade. Cette particularité permet facilement d'anticiper les dates de chantier de fanage (voir encart 2 -tableau-). Ce stade, est un stade clé particulièrement important à connaître.

Le stade d'épiaison est un stade butoir pour l'exploitation. Au-delà de ce stade la qualité de l'herbe décroît très rapidement.

 

Stade de développement et exploitation des prairies

 

Pour exploiter au mieux l'herbe de sa prairie, l'éleveur a tout intérêt à la faire pâturer avant le stade « début épiaison ». Dès que ce stade est dépassé mieux vaut envisager une fauche.
Pour la conservation par voie humide (ensilage ou enrubannage), il est nécessaire que la plante soit encore suffisamment riche en sucres pour permettre une bonne conservation. L'optimum se situant au stade « début épiaison ».
Pour une exploitation en foin, l'éleveur trouvera son optimum (qualité et rendement) après le stade début épiaison et avant le stade « épiaison », au-delà la qualité du fourrage se dégrade très rapidement. Attention aux fauches tardives, si le stade début floraison est atteint, la repousse de l'herbe sera plus lente à assurer.
Les sélectionneurs de plantes fourragères ont depuis longtemps travaillé sur de nombreux critères comme celui de la souplesse d'exploitation exprimée en un nombre de jours séparant le stade départ en végétation du stade début épiaison. Plus la variété a une grande souplesse d'exploitation, plus il y a de temps disponible pour organiser le calendrier de pâturage et conserver le fourrage avant l'apparition des premiers épis. C'est pourquoi, au moment de choisir son espèce et sa variété, il faut prendre en compte les critères de démarrage ainsi que la date d'épiaison puis observer attentivement les réalisations des stades avant de décider de faucher ou de faire pâturer sa prairie.

 

Les stades repères de développement des graminées

- Le départ en végétation
o La végétation de la prairie atteint 20 cm de hauteur, feuilles relevées.
o Il faut faire la moyenne de dix mesures de hauteur d'herbe, feuilles relevées, à plusieurs jours d'intervalle. Le stade est atteint quand la moyenne des mesures est égale à 20 cm.

- L'Epi à 10 cm
o La moitié des épis est située à une hauteur de 10 cm au-dessus du plateau de tallage.
o Sur des touffes d'herbe prises au hasard, prélever au moins 20 tiges parmi les plus développées. Fendre les gaines en deux. Mesurer la distance entre la première racine et la base de l'épi.
o Le stade épi à 10 cm est atteint lorsque dix épis dépassent une hauteur de 10 cm.

- Le début épiaison
o Les premiers épis apparaissent hors de la gaine. L'appréciation est visuelle et simple. La détermination de ce stade nécessite une observation régulière de la végétation. Le stade début épiaison est atteint lorsqu'apparaissent hors de la gaine :
o 10 épis sur un mètre linéaire ou 50 épis sur un m².

- Le stade épiaison
o La moitié des épis font leur apparition hors de la gaine.
o La détermination de ce stade nécessite une observation minutieuse et régulière de la végétation. Il est atteint lorsqu'apparaissent hors de la gaine :
o 50 épis sur un mètre linéaire ou 250 épis au m².

- Le stade floraison
o Ce stade est atteint dès que des épis ont leurs étamines sorties. Ce stade est fugace.



groupesprecocite 2009.pdf



Valoriser les surfaces en prairies passe plus que jamais par des variétés fourragères de qualité

05/03/2009

Avec le coût des engrais qui a monté en flèche, mieux vaut ne pas lésiner sur l'utilisation des nouvelles variétés de légumineuses ou de graminées fourragères. Elles garantiront une valorisation maximale des prairies tout au long de l'année.

Un machinisme agricole en pleine euphorie, une explosion des ventes mondiales d'engrais... C'était tout juste voici quelques mois ! Puis, il y eut la crise, une crise mondiale qui secoue actuellement fortement la planète tout entière et provoque des remises en cause profondes. Le modèle agricole européen en général et français en particulier n'y échappe pas. Les analystes nous prédisent aujourd'hui « des niveaux de prix agricoles en moyenne nettement supérieurs à ceux de la décennie précédente mais tablent sur des cours fortement marqués par de fortes volatilités ».
Avec la crise, le prix des engrais baissera-t-il pour autant ? Il y a fort peu de chance. « Le prix des engrais azotés a été multiplié par deux ou trois en l'espace de deux ans provoquant des comportements d'achats très variables d'un agriculteur à l'autre », fait observer Michel Deraedt, ingénieur au Bureau technique de la promotion laitière (Btpl).
De quoi faire réfléchir les éleveurs au moment de l'implantation ou de la rénovation de leurs prairies. « La nouvelle PAC de 2013 pourrait inciter certains producteurs à implanter des prairies temporaires sur des parcelles cultivées habituellement en céréales pour faire quelques économies en engrais », explique-t-il. Dans l'hypothèse où le cours des céréales n'est pas trop élevé.

 

Gérer ses fumures autrement ?

Le renchérissement du prix des engrais pousse à de nouveaux comportements : mieux répartir les composts, fumiers et lisiers et les épandre sur de plus grandes surfaces. Pas de révolution dans les assolements cependant, car mieux vaut attendre de voir si les tendances se confirment, certains commencent néanmoins à réfléchir !
Les semis de légumineuses, en association avec les graminées fourragères qui permettent de limiter les besoins de fertilisation, sont de plus en plus pratiqués. « Les éleveurs vont jusqu'à remettre parfois en cause l'ensilage pour se diriger vers plus de foin ou d'enrubannage, des techniques moins consommatrices en engrais chimiques », fait remarquer Michel Deraedt.
« Si l'on veut tirer le maximum de potentiel de sa prairie, il convient donc de gérer ses fumures : si les apports d'azote ne peuvent être modifiés qu'avec beaucoup de prudence, les fertilisations phospho-potassiques peuvent être réfléchies en parallèle des épandages de lisiers ou de composts », poursuit-il.
« Les éleveurs réservaient souvent jusqu'à présent de tels épandages à des cultures comme le maïs, mais aujourd'hui ils sont de plus en plus nombreux à mieux répartir les déjections des animaux voire des composts qu'ils achètent à l'extérieur sur les différentes parcelles de leur exploitation », poursuit-il.

 

Une vraie rentabilité des surfaces en herbe

Le contexte actuel milite en faveur de ces nouveaux comportements. « On valorisera d'autant mieux le progrès génétique des fourragères et des légumineuses de la prairie que l'on saura exploiter au mieux leur fertilisation, surtout si l'éleveur veut une production maximale d'herbe et le plus longtemps possible tout au long de l'année », poursuit Michel Deraedt. Une productivité accrue à l'hectare, c'est aussi une diminution du prix de la tonne de matières récoltée !
« La fertilisation dépend bien sûr de l'utilisation de l'herbe : un ensilage exigera une pousse précoce de l'herbe et donc une fertilisation azotée dès le démarrage de l'herbe. Par contre, pour une utilisation en foin ou en pâturage, on a plus de chance de se passer d'engrais chimique parce que les récoltes sont plus tardives et souvent moins exigeantes. Une bonne minéralisation d'un épandage peut souvent suffire », souligne Michel Deraedt.
Cette valorisation optimale des surfaces en herbe permet, outre la diminution des coûts d'alimentation, une production supérieure de lait. On estime à 30 €/ha/an l'investissement « semences » dans une prairie de 5 ans. Par exemple, une production de 8 tonnes de matière sèche par hectare et par an permettra une production laitière de 9400 kg de lait/ha/an pour une recette/ha de 3240 € : un rapport de 1 à 100 qui doit faire réfléchir !1
Chaque année, les éleveurs ont à leur disposition une trentaine de nouvelles variétés de fourragères. Ils ont le choix entre plus de 15 espèces et plus de 560 variétés inscrites au catalogue français (dont 400 de graminées et 160 de légumineuses). De meilleure valeur alimentaire, plus facile à exploiter, moins sensibles aux maladies, les nouvelles variétés permettent une vraie rentabilité des surfaces en herbe et une meilleure valorisation des apports azotés, qu'ils soient minéraux ou organiques, pour quelques euros de plus d'investissement semences par hectare et par an.


Augmenter la productivité de ses prairies

Le moment est peut-être venu d'augmenter la productivité de ses prairies, d'allonger leur période d'utilisation et de mieux valoriser les surfaces.
Augmenter la productivité des surfaces herbagères, c'est avant toute chose diminuer les achats extérieurs. Augmenter la productivité de ses surfaces, c'est aussi faire baisser le prix de revient des unités fourragères disponibles en faisant moins appel aux productions complémentaires.

 



Récolte d'une parcelle de sélection : mesure du rendement et échantillonnage pour analyse qualité

Prairies, ray-grass anglais : De plus en plus de variétés pour répondre à vos besoins spécifiques

05/09/2008

Bien choisir sa variété de ray-grass anglais est primordial si l'on veut bénéficier pleinement des progrès de la sélection variétale. Grâce à l'importance des investissements de recherche, les sélectionneurs inscrivent chaque année en France une quinzaine de nouvelles variétés de ray-grass anglais. Ces nouvelles variétés permettent aux éleveurs de mieux s'adapter au nouveau contexte économique, de faire face à l'apparition de nouvelles maladies grâce à des résistances plus importantes.

 
Il faut entre quinze et vingt ans de recherche pour mettre une nouvelle variété de ray-grass anglais sur le marché. Les sélectionneurs français ont fait preuve d'un réel dynamisme et actuellement plus de 170 variétés de ray-grass anglais figurent dans le catalogue français. La part des variétés de moins de cinq ans vendues en France est d'ailleurs passée de 9 à 20 % des ventes totales en une dizaine d'années. Sur les quarante variétés de ray-grass anglais tardifs du catalogue français 2008, les cinq variétés les plus récentes ont en moyenne huit jours de souplesse d'exploitation de plus que les cinq variétés les plus anciennes (64 contre 56 jours). En outre, elles ont en moyenne un rendement en première coupe de déprimage supérieur de 13 % par rapport à ces cinq variétés les plus anciennes. 

De nouvelles ressources génétiques 

Le ray-grass anglais est l'une des graminées fourragères les plus utilisées en France après le ray-grass d'Italie. Les sélectionneurs ont énormément travaillé pour améliorer sa qualité alimentaire tout au long de la saison de production, pour accroître ses rendements ou pour développer la facilité d'utilisation par les animaux. Les nouvelles variétés sont de plus en plus résistantes aux maladies et permettent aux éleveurs de mieux s'adapter au nouveau contexte économique auquel ils doivent faire face en élevage. Ce qui explique qu'il est parfois plus intéressant de produire des unités fourragères sur des surfaces en herbe que d'ouvrir des sacs de concentré !
Pour créer ces nouvelles variétés, les sélectionneurs s'appuient sur la prospection de nouveaux écotypes qui permettent d'isoler des ressources génétiques jusqu'alors inconnues. Les obtenteurs français réunis dans l'ACVF (1) travaillent notamment avec l'INRA de Lusignan (Poitiers) sur des critères de sélection comme la diminution de la remontaison à épis ou la résistance aux maladies (rouille notamment). (2)
Ils développent par ailleurs des méthodes modernes de recherche comme le marquage moléculaire ou le calibrage infrarouge. Le marquage moléculaire permet d'apprécier la diversité génétique des variétés des différentes populations beaucoup plus rapidement que ne le permettaient les anciennes méthodes. Quant au calibrage infrarouge, il permet d'apprécier la digestibilité des variétés en se passant des traditionnelles analyses chimiques souvent fort longues.

Améliorer la production de l'herbe tout au long de la campagne

Les éleveurs français, qui sèment chaque année 250 à 270 000 quintaux de semences fourragères pour implanter ou renouveler leurs prairies, doivent choisir des variétés de mieux en mieux adaptées à l'exploitation de leurs prairies en tenant compte de critères comme la souplesse d'exploitation, la productivité au printemps et à l'automne, la valeur alimentaire des fourrages ou la résistance aux maladies.
Pour améliorer la valeur alimentaire du ray-grass anglais, les sélectionneurs ont diminué la production d'épis. En effet, les plantes remontant à épis après la première coupe de printemps possèdent une moins bonne valeur alimentaire que des plantes feuillues.
Autre voie de recherche : l'amélioration de la production d'herbe tout au long de la campagne. Il est en effet encore possible d'améliorer la résistance des variétés de ray-grass anglais au stress hydrique estival. Un ray-grass anglais stoppe sa croissance au dessus d'une température de 25°C : les chercheurs espèrent bien trouver de nouvelles variétés adaptées à des températures plus chaudes en réalisant des croisements avec des écotypes d'Europe Continentale !
La qualité d'un fourrage se détermine à la fois sur la quantité et la qualité du fourrage ingéré par l'animal. Au pâturage, la quantité d'herbe ingérée par un animal est le principal facteur limitant de la production de lait ou de viande. Il est donc important de lui faciliter sa prise de nourriture en lui permettant d'ingérer un maximum d'herbe à chaque bouchée. Les sélectionneurs travaillent également dans cette voie en recherchant des variétés beaucoup plus préhensibles par l'animal. Car une plante à longue feuille facilitera d'autant la préhension de l'herbe par la langue de l'animal et lui permettra donc d'ingérer plus d'herbe au moment du pâturage. Ses besoins alimentaires seront donc ainsi beaucoup mieux couverts !
 
(1) ACVF : Association des Créateurs de Variétés Fourragères.
(2) Sur cette graminée, les sélectionneurs ont mesuré le progrès génétique obtenu depuis plus de 40 ans à partir d'un réseau mis en place depuis 2006. Ils testent des variétés anciennes et les comparent ainsi aux variétés actuelles en ce qui concerne les critères de sélection habituels : rendement, répartition de la production tout au long de la période de production, maladie, épiaison, digestibilité...
 
 
Des gains très importants sont encore possibles
Par exemple, il est possible de créer des plantes épiant encore plus tard. Après seulement deux cycles de sélection d'écotypes, des sélectionneurs ont trouvé des ray-grass anglais épiant au 21 juin ! C'est dire s'il existe encore des marges de progrès à réaliser !


Association graminées et trèfle blanc : « Il faut combiner concurrence entre plantes et agressivité du trèfle blanc »

27/08/2008

C'est le moment de prévoir l'implantation des prairies. En permettant d'économiser de l'azote, l'utilisation de légumineuses dans les mélanges fourragers offre une solution intéressante. Si les associations trèfle blanc - graminées possèdent leurs avantages, elles ont également leurs contraintes, car maintenir du trèfle blanc dans une prairie nécessite l'utilisation de variétés adaptées au mode d'exploitation et au milieu.
Rencontre avec Alain Besnard, ingénieur à la station ARVALIS-Institut du Végétal de La Jaillière (Loire-Atlantique), et membre du CTPS(1).

Quel est l'intérêt du trèfle blanc en association avec des graminées ?

C'est André Pochon, un agriculteur des Côtes-d'Armor, qui a relancé l'intérêt des prairies de graminées associées au trèfle blanc en 1981. Cette association permettait d'améliorer la productivité des prairies ainsi que la qualité du fourrage. Comparé au trèfle violet ou à la luzerne, tous deux mieux adaptées à la fauche, les qualités fourragères du trèfle blanc incitent à l'utiliser en pâturage, même si sa proportion dans la prairie varie au fil des saisons. Cette variation est parfois difficile à maîtriser et à prévoir. L'objectif de l'association vise néanmoins à obtenir une proportion de trèfle blanc allant de 30 à 50 %, ce qui permet généralement d'économiser 100 à 200 unités d'azote minéral à l'hectare. Cet objectif permet outre d'assurer un rendement suffisant, de limiter les risques de météorisation et d'éviter des fuites de nitrates importantes.


Quelle est la graminée la plus généralement associée avec le trèfle blanc et quelles sont les prescriptions à respecter en matière de semis et d'implantation de la prairie ?

Mieux vaut au préalable implanter sa prairie sur une parcelle propre, car il n'existe que peu de traitements qui permettent de supprimer les adventices une fois les plantules développées. En général, on associe le trèfle blanc avec du ray-grass anglais, car c'est la graminée que les animaux pâturent le plus facilement. Dans les parcelles pâturées et fauchées et donc plus sèchantes, les associations RGA-fétuque ou dactyle et trèfle blanc peuvent donner de bons résultats, car elles sont plus adaptées à la fauche avec une vitesse de séchage supérieure.
En sols humides, les associations avec la fétuque élevée, plus résistante au piétinement, permettent de rallonger la saison de pâturage en sortie d'hiver et en automne.
En matière de semis, la règle consiste à respecter la dose de semences de graminées préconisée à l'hectare (environ 25 kg dans le cas du ray-grass anglais) et en y ajoutant environ 3 kg de trèfle blanc. C'est un ordre de grandeur qu'il s'agit d'affiner en fonction des milieux d'implantation. Au moment du semis, l'éleveur doit également veiller à bien homogénéiser son mélange de graines dans le semoir pour faciliter des conditions optimales de semis.

Quels sont les critères de choix des différentes variétés de trèfle blanc ?

La plupart des préconisations s'appuient sur des travaux réalisés par l'EDE du Finistère et la Chambre d'Agriculture de Loire-Atlantique qui ont croisé les différentes variétés de trèfle blanc avec des ray-grass anglais tardifs à très tardifs. Ils ont ainsi comparé différentes associations avec des variétés de trèfle blanc plus ou moins « agressives ». Les trèfles blancs les plus agressifs sont, en règle générale, des trèfles possédant de nombreux stolons mais de longueur limitée. Avec des variétés très « agressives », la légumineuse prend une place importante dans la prairie.
Les ingénieurs ont également mis en évidence que « la force de concurrence » des ray-grass anglais réagissait en fonction de leur ploïdie et de leur précocité. Précisément, les RGA les plus résistants sont des RGA diploïdes et tétraploïdes tardifs tandis que les RGA diploïdes et tétraploïdes très tardifs sont beaucoup moins résistants à l'envahissement du trèfle blanc.
Mieux vaut donc associer des variétés de trèfle blanc agressives à des RGA moins tardifs (diploïdes ou tétraploïdes) et des variétés de trèfle blanc moins agressives à des RGA très tardifs (diploïdes ou tétraploïdes).

 (1) Comité technique permanent de la sélection.

Avec le sursemis, prolongez la durée de vie de votre pâture !

Semer du trèfle blanc dans une prairie de longue durée « présentant un bon fond de graminées » sans la détruire, ni sans la retourner : c'est possible ! Avec la technique du sursemis, l'opération est tout à fait envisageable, à condition toutefois de respecter certaines règles d'implantation.

Le sursemis de trèfle blanc dans une prairie ensemencée d'un mélange initial de trèfle blanc et de graminées et dans laquelle la légumineuse a quasiment disparu, permet souvent d'en prolonger la durée de vie et de pourvoir à son alimentation azotée. La technique du sursemis offre de multiples avantages.
Le sursemis de trèfle blanc permet tout d'abord d'éviter le retournement de sa prairie. Deux fois moins coûteuse qu'un ressemis complet avec labour, le sursemis limite également la libération de l'azote accumulé sous la prairie ainsi que les pertes d'azote nitrique. En outre, il réduit considérablement la période de non-production de la parcelle tout en conservant une bonne portance du sol.

Mais pour obtenir de bons résultats, il convient de respecter certaines règles, notamment en matière d'itinéraire technique, car le sursemis est une technique d'implantation lente, contrairement au semis classique après labour. Il faut, en effet, attendre plus d'un an pour observer une présence significative de trèfle blanc. Il est préférable de choisir des variétés « agressives » que l'on implantera à des doses de 4 à 6 kg/ha, soit environ 1000 graines au m². Après le semis, mieux vaut rappuyer les graines par un passage d'animaux ou par celui d'un matériel adapté (type cultipacker).
Le succès du sursemis passe également par un bon niveau d'ouverture du couvert végétal et de l'importance du sol nu permettant la germination de la graine (avec un griffage énergique à l'aide d'une herse à dents rigides), des conditions climatiques au moment de la croissance du trèfle blanc et de la conduite de la prairie après le sursemis.

Le milieu d'implantation doit être également favorable : pas d'excès d'eau et des sols normalement pourvus en phosphore et en potasse conviennent au trèfle blanc. Mieux vaut enfin réaliser un pâturage très ras, voire même faucher les refus avant un sursemis. Enfin, lors de la première année d'exploitation, il est impératif de ne pas apporter d'azote minéral afin de ne pas favoriser la graminée au dépend du trèfle blanc.



Les légumineuses font leur grand retour

20/08/2008

L'augmentation du coût des protéines de soja et la flambée des prix de l'énergie et de l'azote devraient plus que jamais placer la culture des légumineuses au cœur des systèmes fourragers, seules ou en association avec les graminées fourragères.
Sécurité fourragère, plus grande autonomie en protéines et donc économie en tourteaux, meilleure appétence et fibrosité des rations, correcteurs en minéraux oligo-éléments et bétacarotène, effets bénéfiques sur la santé des animaux et leur reproduction...les légumineuses retrouvent de plus en plus d'intérêt aux yeux des éleveurs.
 

Même si les légumineuses fourragères comme la luzerne ou le trèfle violet ont fortement régressé durant la période 1970-1990 à la faveur de l'intensification et de la spécialisation des zones d'élevage, on observe depuis peu un regain d'intérêt pour des systèmes fourragers plus herbagers s'appuyant davantage sur le pâturage. C'est ainsi qu'aujourd'hui, près de 2,4 millions d'hectares de prairies temporaires sont semées avec des légumineuses seules ou en association avec des graminées fourragères. Plus souple d'exploitation, ces associations permettent notamment de mieux valoriser les graminées en fournissant l'azote dont elles ont besoin. En outre, elles permettent une meilleure stabilité de la valeur alimentaire des fourrages durant l'année.
La flambée des cours des matières premières et notamment du tourteau de soja (1), comme celle des prix de l'énergie et des engrais plaident aujourd'hui pour leur développement. Au moment où le Centre interprofessionnel des viandes met en avant l'importance de l'herbe dans l'élevage bovin français et où le ministre de l'Agriculture défend le « soutien économique à l'herbe inscrit dans le premier pilier de la Pac », le moment est donc venu de relancer la production fourragère à partir de légumineuses. 

Des excellentes têtes de rotation 

Les arguments en faveur du redéveloppement des légumineuses fourragères se sont multipliés à la lumière des dernières réformes de la PAC plaidant pour une agriculture plus durable et plus respectueuse de l'environnement. L'instauration du découplage des aides a, par contre, modifié le raisonnement économique.
Si hier, les aides constituaient un élément déterminant de ce raisonnement, l'importance et l'impact des aides pèsent aujourd'hui beaucoup moins dans la balance au moment de décider des assolements...
Les critères techniques et économiques reviennent donc au premier plan, si l'on vise avant tout à diminuer le coût de production du litre de lait ou du kilo de viande. Les légumineuses peuvent apporter des solutions variées suivant les contextes pédoclimatiques des régions, que ce soit en matière d'environnement ou de qualité et de traçabilité des animaux. L'implantation de ces nouvelles cultures fournira par ailleurs d'excellentes têtes de rotation tout en apportant sécurité, économie et meilleure valorisation des protéines.

De nouveaux atouts pour les légumineuses 

Au-delà de l'intérêt reconnu des légumineuses comme fournisseur d'azote à la culture et de protéines aux animaux, les légumineuses et leur association aux graminées fourragères peuvent s'intégrer dans un système cohérent et durable qui dépasse le seul calcul de rentabilité de l'ammonitrate et du tourteau de soja, voire du coût de récolte et de stockage des fourrages de substitution.
Sur le plan agronomique, les légumineuses offrent une grande régularité de production. C'est un atout important pour la sécurité d'un système fourrager. De plus, la répartition de production dans l'année et une forte pousse estivale peuvent être des arguments décisifs à leur implantation. Enfin, elles procurent un effet bénéfique sur la structure du sol, notamment la luzerne dont le système racinaire est puissant et laisse un reliquat d'azote important pour la culture suivante.
Même si la récolte et la conservation des légumineuses demeurent leur point faible, elles ont une production de protéines très importante : un hectare de luzerne peut fournir en effet davantage de protéines qu'un hectare de pois, de féverole ou de lupin ! 

Un bilan énergétique plus que favorable 

En matière environnementale, les risques de pollution par les nitrates sont faibles. Les plantes utilisent en effet la fixation symbiotique en fonction des teneurs de nitrate du sol et les exportations sont très fortes lors de la fauche.
Leur bilan énergétique est également plus que favorable. En effet, il faut plus de deux litres de fuel pour produire, transporter ou épandre une unité d'azote de synthèse (chiffres 2003) alors que les légumineuses utilisent simplement l'énergie solaire pour faire fonctionner leur fixation symbiotique locale. « Si l'on supprimait complètement les engrais azotés minéraux dans les exploitations d'élevage, grâce à une utilisation systématique des associations de légumineuses fourragères et à une meilleure valorisation des engrais de ferme, on pourrait économiser en France près d'un million de tonnes d'azote minéral correspondant à une économie de deux millions de tonnes de fuel », constatait A.Pflimlin de l'Institut de l'Elevage en 2003.

A chaque utilisation, son espèce 

Les légumineuses sont en règle générale des plantes qui valorisent les sols sains, les températures élevées et la lumière. La luzerne, le trèfle blanc et le trèfle violet sont assez largement répandus, mais peuvent par contre être inadaptés à des situations pédoclimatiques particulières (sol humide et froid, sol pauvre et peu profond, sol séchant....)
Sur le marché, il existe une large gamme d'espèces (voir tableau 1 ci-joint) qui permet à chaque éleveur d'implanter une légumineuse adaptée aux exigences et aux contraintes de son système. Le choix de l'espèce devra en tout cas se raisonner en fonction du type de sol, du mode d'exploitation et de l'époque de semis.

(1) En février 2008, la graine de soja passait pour la première fois les 500 $ la tonne, le double du prix enregistré en 2005-2006.


Le sursemis de printemps. Rénover sa prairie sans détruire la végétation en place

27/03/2008

La rénovation d'une prairie permet de réinstaller partiellement le couvert végétal en renforçant la présence de graminées intéressantes. Avec le sursemis de printemps, l'éleveur colonise les vides en implantant des espèces bien valorisées par le troupeau.
Des trous ou un manque de densité apparaissent parfois dans le couvert végétal en place : le sursemis peut alors s'avérer être une bonne solution. Il permet à l'éleveur de combler ses trous, de réexploiter sa prairie rapidement tout en corrigeant sa flore existante.
Le sursemis de printemps permet ainsi de régénérer une prairie en installant des espèces adaptées au milieu et de bonne valeur fourragère. Il est intéressant quand l'éleveur ne peut se passer de sa parcelle, quand une grande partie de celle-ci est dégradée ou quand il a des contraintes environnementales particulières.
Mais attention, l'opération peut s'avérer plus délicate qu'en automne ! Les conditions climatiques du printemps sont en effet plus aléatoires et l'explosion de la végétation en place peut freiner considérablement le démarrage du jeune semis. 

Limiter la compétition de la prairie en place
Le succès du sursemis passe donc avant tout par le respect de certaines règles.
Toutes les interventions doivent s'opérer juste au moment du réveil de la végétation en place ou plus tard au printemps après un ensilage ou un enrubannage pour obtenir une végétation rase. Suivant l'envahissement, un désherbage sélectif peut être nécessaire.
Un ou plusieurs passages de herse permettent d'agrandir les trous du couvert végétal et de se débarrasser des plantes inopportunes. Cela évite également de semer dans le feutrage ou le mulch de la prairie ce qui retarde le développement des radicelles et l'implantation définitive de la plantule.
Il est préférable de choisir des espèces qui lèvent vite et qui sont agressives comme le ray-grass anglais ou le trèfle blanc pour le pâturage ou le ray-grass d'Italie, le ray-grass hybride ou le trèfle violet pour la fauche (cf. tableau ci joint).
 
Utiliser le matériel de semis de l'exploitation c'est possible
Le semis peut s'effectuer avec un semoir de semis direct à une profondeur d'un centimètre (faire en sorte d'avoir un bon contact terre/graines) en tassant le sol aussitôt. Ce type d'appareil permet de s'affranchir du hersage préparatoire, le sol étant ouvert sur la ligne de semis. Pour la grande majorité de ceux qui n'ont pas accès à ce type de matériel, il est possible d'utiliser le matériel classique de l'exploitation : herses à prairies, herses à étrilles et semoir à céréales, dont on aura relevé les éléments semeurs. Un hersage après semis permettra de recouvrir les semences.
Il convient ensuite de faire pâturer rapidement les animaux qui consommeront ainsi l'ancienne flore notamment si la végétation en place se développe trop vite. Ils rappuieront dans le même temps le sol. Ils sont souvent plus efficaces que le passage d'un rouleau cultipacker ou qu'une croskilette.
Mieux vaut ne pas apporter d'azote pour éviter le développement du couvert végétal en place !
 

Le bon plan passe par le hersage !
Le hersage permet « d'ouvrir le sol », d'éliminer le feutrage accumulé et d'aérer le sol. De plus, il permet d'arracher des plantes peu intéressantes et à enracinement superficiel.
Il contribue également à niveler le sol. L'éleveur peut également profiter de son hersage pour installer un distributeur automatique de produits anti-limaces : une bonne façon de rentabiliser l'heure de tracteur !


Criteres des especes pour ressemis.pdf



L’implantation d’une prairie de printemps. Mettre tous les atouts de son côté pour réussir !

23/03/2008

La réussite de l'implantation de la prairie de printemps passe avant tout par le respect de quelques paramètres essentiels : profondeur, densité et date de semis, mais aussi par une bonne préparation de sol comme par la maîtrise des ravageurs et des adventices.
Dans tous les cas, il est important de bien enfouir les graines et de rappuyer le sol après semis.

Un objectif : 500 plantes au m²
Obtenir une prairie dense et régulière ainsi qu'un bon enracinement des graminées fourragères passe avant tout par une bonne préparation du lit de semences. Un sol bien rappuyé, sans discontinuité marquée et se ressuyant très vite en surface, est en effet le gage de ce bon enracinement.
Un sol fin en surface permet également d'optimiser le contact terre/graine. Une surface plane favorise, en outre, l'accès de la lumière aux premières feuilles qui émergent. Le semis se fait à une profondeur d'un centimètre environ en passant de préférence le rouleau, avant et après le semis.
Le respect d'une bonne densité de semis et une répartition homogène sur l'ensemble de la parcelle sont aussi gages d'une implantation réussie.
Pour obtenir 500 plantes au m², mieux vaut semer 1000 graines au m² ! Au-delà de cette dose, le semis sera trop dense. Il provoquera une compétition entre les plantes et aboutira à un mauvais tallage. Par contre, un semis moins dense risque de provoquer le développement des adventices.
Le semis peut se faire soit en lignes (avec un semoir à céréales), soit en semis croisé ou alors à la volée, même si cette dernière solution est parfois moins précise.

Bien choisir la date de semis
La date de semis est un critère important à respecter car toutes les espèces ne s'installent pas au même moment et ne se développent pas avec la même rapidité. L'important est de semer une fois la période de gel achevée et avant l'apparition des premières périodes de sécheresse. En effet, la plante est fortement sensible durant sa période d'installation. Celle-ci varie d'ailleurs en fonction de l'espèce et peut aller de quatre semaines (ray-grass d'Italie) à dix semaines pour le dactyle. Pour toute information sur les périodes de semis par région, consultez le site www.prairies-gnis.org
La limitation du développement des mauvaises herbes est enfin un paramètre dont il faut tenir compte dès la levée des plantules, tout comme les attaques de limaces ou autres ravageurs. Une observation détaillée des adventices permet notamment de juger de l'utilité d'une intervention éventuelle d'herbicides. 

Une densité de semis à respecter
 
Le nombre de graines par gramme de semence varie suivant les espèces. Il peut varier dans un rapport de un à cinq. C'est ainsi qu'il y a environ 500 graines dans un gramme de ray-grass anglais diploïde, ray-grass hybride, ray-grass d'Italie, fétuque élevée, fétuque des prés ou trèfle violet diploïde. Il y en a environ 800 dans un gramme de dactyle et...2500 dans un gramme de fléole !
Pour respecter un semis de 1000 graines au m² dans le cas d'un ray-grass, il faut tabler sur un poids de 2 grammes au m², soit une densité de semis de 20 kg par hectare.
En cas d'associations et de mélanges (graminées et légumineuses par exemple), mieux vaut tenir compte pour chaque espèce du nombre de graines au gramme pour respecter l'objectif des 1000 graines au m² (cf.tableau à télécharger ci-dessous).



tableaudosedesemis.xls



A chaque utilisation, son espèce et sa variété. Avant d’implanter une prairie, mieux vaut savoir choisir ses espèces !

13/03/2008

Avec le coût des engrais qui a monté en flèche, mieux vaut ne pas lésiner sur l'utilisation des nouvelles variétés de légumineuses ou de graminées fourragères. Elles garantiront une valorisation maximale des prairies tout au long de l'année.

Un machinisme agricole en pleine euphorie, une explosion des ventes mondiales d'engrais... C'était tout juste voici quelques mois ! Puis, il y eut la crise, une crise mondiale qui secoue actuellement fortement la planète tout entière et provoque des remises en cause profondes. Le modèle agricole européen en général et français en particulier n'y échappe pas. Les analystes nous prédisent aujourd'hui « des niveaux de prix agricoles en moyenne nettement supérieurs à ceux de la décennie précédente mais tablent sur des cours fortement marqués par de fortes volatilités ».
Avec la crise, le prix des engrais baissera-t-il pour autant ? Il y a fort peu de chance. « Le prix des engrais azotés a été multiplié par deux ou trois en l'espace de deux ans provoquant des comportements d'achats très variables d'un agriculteur à l'autre », fait observer Michel Deraedt, ingénieur au Bureau technique de la promotion laitière (Btpl).
De quoi faire réfléchir les éleveurs au moment de l'implantation ou de la rénovation de leurs prairies. « La nouvelle PAC de 2013 pourrait inciter certains producteurs à implanter des prairies temporaires sur des parcelles cultivées habituellement en céréales pour faire quelques économies en engrais », explique-t-il. Dans l'hypothèse où le cours des céréales n'est pas trop élevé.

Gérer ses fumures autrement ?

Le renchérissement du prix des engrais pousse à de nouveaux comportements : mieux répartir les composts, fumiers et lisiers et les épandre sur de plus grandes surfaces. Pas de révolution dans les assolements cependant, car mieux vaut attendre de voir si les tendances se confirment, certains commencent néanmoins à réfléchir !
Les semis de légumineuses, en association avec les graminées fourragères qui permettent de limiter les besoins de fertilisation, sont de plus en plus pratiqués. « Les éleveurs vont jusqu'à remettre parfois en cause l'ensilage pour se diriger vers plus de foin ou d'enrubannage, des techniques moins consommatrices en engrais chimiques », fait remarquer Michel Deraedt.
« Si l'on veut tirer le maximum de potentiel de sa prairie, il convient donc de gérer ses fumures : si les apports d'azote ne peuvent être modifiés qu'avec beaucoup de prudence, les fertilisations phospho-potassiques peuvent être réfléchies en parallèle des épandages de lisiers ou de composts », poursuit-il.
« Les éleveurs réservaient souvent jusqu'à présent de tels épandages à des cultures comme le maïs, mais aujourd'hui ils sont de plus en plus nombreux à mieux répartir les déjections des animaux voire des composts qu'ils achètent à l'extérieur sur les différentes parcelles de leur exploitation », poursuit-il.

Une vraie rentabilité des surfaces en herbe

Le contexte actuel milite en faveur de ces nouveaux comportements. « On valorisera d'autant mieux le progrès génétique des fourragères et des légumineuses de la prairie que l'on saura exploiter au mieux leur fertilisation, surtout si l'éleveur veut une production maximale d'herbe et le plus longtemps possible tout au long de l'année », poursuit Michel Deraedt. Une productivité accrue à l'hectare, c'est aussi une diminution du prix de la tonne de matières récoltée !
« La fertilisation dépend bien sûr de l'utilisation de l'herbe : un ensilage exigera une pousse précoce de l'herbe et donc une fertilisation azotée dès le démarrage de l'herbe. Par contre, pour une utilisation en foin ou en pâturage, on a plus de chance de se passer d'engrais chimique parce que les récoltes sont plus tardives et souvent moins exigeantes. Une bonne minéralisation d'un épandage peut souvent suffire », souligne Michel Deraedt.
Cette valorisation optimale des surfaces en herbe permet, outre la diminution des coûts d'alimentation, une production supérieure de lait. On estime à 30 €/ha/an l'investissement « semences » dans une prairie de 5 ans. Par exemple, une production de 8 tonnes de matière sèche par hectare et par an permettra une production laitière de 9400 kg de lait/ha/an pour une recette/ha de 3240 € : un rapport de 1 à 100 qui doit faire réfléchir !1
Chaque année, les éleveurs ont à leur disposition une trentaine de nouvelles variétés de fourragères. Ils ont le choix entre plus de 15 espèces et plus de 560 variétés inscrites au catalogue français (dont 400 de graminées et 160 de légumineuses). De meilleure valeur alimentaire, plus facile à exploiter, moins sensibles aux maladies, les nouvelles variétés permettent une vraie rentabilité des surfaces en herbe et une meilleure valorisation des apports azotés, qu'ils soient minéraux ou organiques, pour quelques euros de plus d'investissement semences par hectare et par an.


Augmenter la productivité de ses prairies

Le moment est peut-être venu d'augmenter la productivité de ses prairies, d'allonger leur période d'utilisation et de mieux valoriser les surfaces.
Augmenter la productivité des surfaces herbagères, c'est avant toute chose diminuer les achats extérieurs.
Augmenter la productivité de ses surfaces, c'est aussi faire baisser le prix de revient des unités fourragères disponibles en faisant moins appel aux productions complémentaires
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fourragere2008communique4vf.pdf



Bientôt, la sortie d’hiver, C’est le moment d’aller apprécier la qualité de vos prairies !

11/02/2008

Un éleveur doit réaliser le diagnostic de ses prairies tous les quatre à cinq ans. Leur productivité et leur pérennité en dépendent. Cette évaluation permettra de mieux comprendre les raisons d’une dégradation éventuelle et d’agir en toute connaissance de cause pour rétablir son système d’exploitation.
 
« Tout l’art de gérer une prairie consiste d’abord et avant tout à faire dominer les plantes intéressantes tout en faisant régresser les autres », explique Bruno Osson, spécialiste de cette question au Gnis. C’est une des raisons pour laquelle un véritable diagnostic de prairies passe par l’observation attentive du couvert végétal dès la sortie d’hiver.
Le type de sol, le mode de fertilisation ainsi que le mode d’exploitation sont autant de données essentielles qui permettront à l’éleveur de disposer des principales informations et de pouvoir réagir. En somme, une équation à trois inconnues qu’il a tout intérêt à bien résoudre s’il veut disposer de fourrages toute l’année et surtout ne jamais en manquer aux moments cruciaux !
Ce diagnostic de prairies passe ainsi par quatre phases successives. L’éleveur doit d’abord recenser les besoins et les contraintes liés à son exploitation (place de la prairie dans son système fourrager notamment). Il reconstituera ensuite l’historique de sa parcelle avant d’aller l’observer sur le terrain. La valeur alimentaire de son fourrage dépend en effet de la flore présente et de la répartition des différentes espèces qui la composent. Ce n’est qu’une fois ces quatre étapes réalisées que l’éleveur pourra améliorer sa prairie, voire la rénover.
 
Quatre phases successives
 
Pour satisfaire les besoins en fourrage de son troupeau, l’éleveur a de nombreuses possibilités qui s’offrent à lui. Il peut soit augmenter sa productivité ou la qualité de son fourrage, soit modifier ses périodes de production dans l’année, soit changer son mode d’exploitation…. Des changements qu’il ne peut décider qu’en tenant compte de certaines contraintes.
Le climat (sécheresse, froid exceptionnel, inondations éventuelles...), la qualité des sols (présence d’une litière en surface, sol plus ou moins bien drainé, mauvaise structure…), les animaux qu’il prévoit d’installer dans la parcelle (type, chargement, espèces…), sont autant de facteurs qui influeront sur le nombre et la variété des espèces présentes.
Si l’éleveur veut apprécier au mieux l’historique de sa parcelle, il doit se poser les bonnes questions. Pourquoi ma prairie s’est-elle dégradée ? Est-ce dû au climat ou à un surpâturage ? Mon sol est-il bien pourvu en éléments fertilisants ? Ai-je bien maîtrisé les refus ? L’ai-je bien entretenu ? Comment ai-je pratiqué les désherbages sélectifs, les hersages ou les ébousages ? …
 
Améliorer ou rénover sa prairie
 
 L’analyse de la flore et sa classification en trois groupes d’espèces ( graminées, légumineuses, et plantes indésirables) lui apporteront en tout cas de précieuses indications. La présence d’espèces nitrophiles comme l’ortie ou le mourron est signe d’une fertilisation azotée excessive. Quand les légumineuses dominent, c’est que l’azote est sûrement un facteur limitant ! « A chaque spectre de situation rencontrée correspondra une flore spécifique », explique Bruno Osson. La houlque laineuse aura tendance à monopoliser la lumière, le vulpin sera toujours prêt à épier avant les autres espèces, le pâturin, qui possède une température de démarrage relativement faible, prendra très vite l’ascendant sur d’autres espèces encore endormies. …

Une fois cette évaluation achevée, l’éleveur peut décider d’améliorer ou de rénover sa prairie. La reconnaissance de la flore permet de donner une première indication sur les possibilités et les techniques d’amélioration à utiliser (cf tableau). Cette première approche demande au préalable de définir les bonnes espèces pour la région concernée. Il pourra revoir son mode d’exploitation pour permettre une plus grande production d’herbe : se déterminer entre le pâturage ou le fauchage, modifier ses dates de récolte, sa hauteur de coupe…La correction du mode d’exploitation peut se faire par exemple par une meilleure fertilisation ou par une amélioration de la flore par désherbage sélectif par exemple. Il pourra également procéder à la rénovation de sa prairie, soit totalement (ressemis avec ou sans labour) soit partiellement par sursemis.


fourrageres_2008_communique_3bis.pdf



Sélectionneur Notant des essais de sélection de plantes fourragères

Une sélection de plantes fourragères qui répond aux besoins des éleveurs

24/01/2008

La sélection française de graminées fourragères est aujourd'hui parvenue à sa maturité. Des progrès décisifs ont été obtenus pour améliorer à la fois la qualité alimentaire, le rendement, la résistance aux maladies ainsi que la facilité d'utilisation des fourrages.

La sélection française de graminées fourragères a débuté voici une quarantaine d'années notamment sous l'impulsion de l'Inra. L'un des nombreux axes de recherche poursuivis consistait à augmenter la souplesse d'exploitation, c'est-à-dire permettre de repousser la date d'épiaison le plus tard possible en saison et de faire démarrer au plus tôt l'herbe en sortie d'hiver. « Les éleveurs devaient avoir le plus de temps possible pour faire exploiter une herbe d'excellente qualité à leurs animaux ! », explique ce sélectionneur français.
Aujourd'hui, les sélectionneurs travaillent également à une meilleure résistance aux maladies des nouvelles variétés, à une meilleure souplesse d'exploitation, à une meilleure répartition du rendement dans l'année, voire une meilleure résistance à la sécheresse comme dans le cas de la Fétuque élevée. Le travail du sélectionneur exige un long et patient travail d'observation terrain de la population des principales espèces fourragères utilisées par l'éleveur (Ray-grass anglais, Ray-grass d'Italie, Dactyle, Fétuque élevée, Luzerne, Trèfle violet et Trèfle blanc...)
C'est ce qui leur permet aujourd'hui de proposer plus de 300 variétés fourragères au catalogue. Des progrès décisifs, comme chez la fétuque élevée ou le ray-grass anglais, ont ainsi été obtenus par l'ensemble des sélectionneurs européens.
Mais entre les premières recherches et la commercialisation d'une nouvelle variété, il peut s'écouler plus de quinze années. Le fait que les plantes ne soient pas autogames, expliquent notamment un tel délai. Depuis l'an 2000, les sélectionneurs français mettent régulièrement 25 à 30 nouvelles variétés à l'inscription en France. C'est ainsi que plus de 125 nouvelles variétés ont été inscrites depuis cinq ans.
Thierry Becqueriaux

Des progrès étonnants dans la sélection du ray-grass anglais
Rencontre avec Pierre Bourdon, sélectionneur à la société Carneau
 

Sélectionneur à la société Carneau depuis décembre 1978, Pierre Bourdon est secrétaire de la commission Graminées fourragères de l'Association des créateurs de variétés fourragères (ACVF). Il évoque les principaux axes de recherche actuels des sélectionneurs.
L'ACVF, qui réunit tous les obtenteurs français ainsi que l'Inra de Lusignan, travaille actuellement sur le marquage moléculaire du ray-grass anglais. « Chacun d'entre nous apporte sa contribution aux recherches qui doivent permettre de mesurer la diversité génétique des différentes variétés et populations », explique Pierre Bourdon.

Autre dossier de l'ACVF, celui de la digestibilité des fourrages. En effet, il n'y a pas que le rendement qui puisse permettre d'évaluer la qualité d'une variété. La qualité d'un fourrage est également importante aux yeux de l'éleveur. « La mise au point d'une calibration infrarouge par l'ACVF a donc permis de mesurer la digestibilité d'un fourrage, non plus par voie chimique traditionnelle mais par des méthodes plus modernes et plus fiables », poursuit le sélectionneur.

Il y a également les recherches menées sur l'ensemble du territoire qui doivent permettre de prospecter de nouveaux écotypes de ray-grass anglais ou de fétuque rouge. Elles ont démarré depuis quinze à vingt ans et visent à maintenir la biodiversité de ces nombreuses espèces de graminées.
Les membres de l'ACVF ont également voulu mesurer le progrès génétique obtenu depuis plus de 40 ans. « C'est ainsi que pour le ray-grass anglais, nous avons implanté un essai chez tous les membres de l'ACVF. Nous avons repris d'anciennes variétés que nous comparons avec les variétés récentes. Ce réseau a été mis en place en 2006. Il s'achèvera en 2008. C'est ainsi que nous testons les variétés obtenues depuis quarante ans sur des critères comme la résistance aux maladies ou le rendement.. Nous avons pu ainsi mesurer les formidables progrès de la sélection obtenus en l'espace de 40 années ! », souligne Pierre Bourdon.

Des critères de sélection qui ont permis par exemple de mettre sur le marché des variétés plus résistantes aux rouilles. Car on constate de plus en plus la remontée des rouilles du sud vers le nord et une propagation plus importante de la rouille noire par exemple. « C'est peut-être une des conséquences du changement climatique que nous observons actuellement », précise Pierre Bourdon. Les nouvelles variétés fournissent également plus de rendements et permettent une meilleure qualité de fourrage (plantes plus feuillues) : des critères améliorés après plus de quarante années de sélection et qui répondent aux attentes des producteurs !


Pas de prairies sans herbivores, pas d'herbivores sans prairies !

17/01/2008

Valoriser des surfaces permettant de produire lait et viande sans rogner sur les surfaces consacrées à l’alimentation humaine ou aux productions énergétiques : l’enjeu est de taille pour notre agriculture. Les sélectionneurs de graminées fourragères peuvent apporter leurs savoir-faire dans la valorisation des treize millions d’hectares de prairies françaises.
 Avec quoi nourrirons-nous demain nos animaux ? Maïs, rations sèches, graminées fourragères voire drèches d’éthanoleries ? Aujourd’hui, le contexte socio-économique de l’élevage se modifie rapidement. Les producteurs étudient globalement la rentabilité de chacune de leurs cultures et donnent la priorité à celles qui leur procurent le plus de rentabilité. Les assolements se modifient, les préoccupations environnementales se renforcent. La volatilité récente des marchés céréaliers, les réformes successives de la Politique agricole commune, tout comme la hausse des coûts de l’énergie bouleversent actuellement des équilibres acquis de longue date. « Une partie des productions est actuellement entraînée dans une spirale des prix à la hausse, dont on ne sait pas très bien quand et où elle va s’arrêter », explique ce sélectionneur français. Il est spécialisé dans la création de graminées fourragères et éprouve actuellement de plus en plus de difficultés à trouver des surfaces pour la multiplication de ses nouvelles variétés. 
 
Une palette variétale exceptionnelle

De telles évolutions entraîneront à coup sûr une plus grande diversité des utilisations des fourrages au sein même de l’exploitation. Ce sont également autant de nouveaux paramètres qui conditionneront très vite « les systèmes d’élevage des herbivores valorisant la prairie ». Ils devraient permettre de donner toute la place qu’il convient à la prairie dans la production de viande et de lait. Ainsi, le slogan « Pas de prairies sans herbivores et pas d’herbivores sans prairies », redevient plus que jamais d’actualité !
Mais les sélectionneurs français de fourragères peuvent répondre à ces nouveaux défis, car ils ont travaillé depuis plus de 40 ans à l’amélioration des variétés de graminées et de légumineuses fourragères.
La France est l’un des seuls pays européens à disposer d’une palette variétale aussi large en matière de semences fourragères. Les conditions pédoclimatiques, tout comme la diversité de notre élevage, en sont les principales raisons. Pour proposer les semences nécessaires aux utilisateurs, plus d’une douzaine d’entreprises de taille très différente, françaises et étrangères, sélectionnent une large gamme adaptée aux différentes contraintes et situations des agriculteurs.
Les prairies françaises concernent treize millions d’hectares, soit 24 % du territoire national. Elles assurent plus de 70% des besoins en fourrage du cheptel français. Mais ce ne sont qu’environ trois millions d’hectares (les prairies cultivées) qui sont réellement concernés par ce marché caractérisé par la diversité des espèces et des variétés. 250 à 280 000 quintaux de semences fourragères (dont 80 % de graminées) permettent chaque année le renouvellement des prairies françaises.


 

4500 agriculteurs-multiplicateurs

 

Si on inclut la recherche publique européenne, ce sont dix à douze sélectionneurs européens dont quatre à cinq établissements français, qui travaillent dans le secteur des semences fourragères.

4500 agriculteurs-multiplicateurs cultivent en France environ 25 à 30 000 ha destinés à la production de semences fourragères et produisent 170 à 250 000 quintaux pour seize espèces différentes.